Spatialisation du son dans Logelloop sur un dispositif de 16 à 48 haut-parleurs
Spatialisation avec des systèmes basse consommation.
Le Logelloù s’intéresse depuis longtemps à la spatialisation du son.
Logelloop propose trois modes de diffusion : stéréo, multipiste et spatialisé.
Dans la plupart des cas, les outils de la spatialisation sont prévus pour être mis en œuvre par des ingénieurs du son aguerris et le dispositif nécessaire peut parfois être relativement complexe. Au Logelloù, nous incitons, lorsque cela nous semble pertinent, les musicien•ne•s accueilli•e•s en résidence, à composer une musique pensée pour l’espace tout autant que les timbres, les hauteurs et le temps.

Nous avons engagé depuis quelques années une réflexion sur ce que serait l’outil idéal permettant de spatialiser sur jusqu’à 48 haut-parleurs disposé en 3 dimensions sur de grandes surfaces pouvant représenter plusieurs mètres carrés. Un outil qui, sans faire de compromis sur le plan des possibilités, serait aisé à prendre en main et dont l’utilisation serait transparente, au point que le musicien ou le compositeur électroacoustique pourrait lui-même le mettre en œuvre.
Le résultat de ce travail de recherche a vu le jour en janvier 2024, il s’appelle « acousmonium » – en hommage à celles et ceux qui ont les premiers en France travaillé sur de grands dispositifs de haut-parleurs – bien que son fonctionnement soit un peu différent de ce que l’on attend d’un acousmonium. Cet outil est intégré au logiciel Logelloop dont le noyau est multicanal depuis les origines et dans lequel il était déjà possible de faire de la spatialisation mais avec des possibilités plus réduites que celles dont nous disposons désormais.
L’idée est que l’utilisateur – musicien, compositeur, créateur sonore ou ingénieur – spatialise dans un seul logiciel les sons qu’il crée et transforme. Il lui suffit d’indiquer les dimensions des surfaces, du nombre de haut-parleurs et de la position des haut-parleurs dans l’espace… Ces manipulations se font sur des interfaces simples.
Lorsque la configuration est terminée, l’utilisateur dispose d’un spatialiseur sur lequel apparaissent ses haut-parleurs et les sources correspondants aux canaux internes de Logelloop.
Lorsque la configuration prévoit des haut-parleurs disposés à des hauteurs différentes, l’interface affiche une vue de face ou sur le côté parallèlement à la vue de dessus.
Une boite à outils riche en fonctionnalités permet de grouper des ensembles de sources, de déplacer une sélection de sources, de disposer des sources en cercle, d’agrandir des écarts entre plusieurs sources autour d’un barycentre, etc. L’une des fonctions maitresses du dispositif est le « Snap » pour positionner précisément, en un clic, une source sur un ou deux haut-parleurs selon que cette source est mono ou stéréo.
La largeur (Spread) est également contrôlable à volonté, sur une seule ou un ensemble de sources. Cela permet, en élargissant la source, de la faire passer d’un haut-parleur à l’autre sans perte de son.
Les haut-parleurs sont dotés d’un cercle gris qui s’agrandit lorsque du son les nourrit. Il s’agit d’une sorte de vu-metre in situ très commode pour visuellement vérifier à quel endroit de l’espace il y a du son. À noter qu’il n’est pas rare que l’opérateur soit loin de certaines sources et ne puisse donc pas toutes les entendre sans se déplacer.
Nous avons également conçu les outils permettant l’automatisation des mouvements et déplacements de sons dans l’acousmonium. Cela peut se faire facilement en indiquant par quels haut-parleurs la source passera, ainsi que la vitesse et le sens de déplacement. Pour les sources stéréo, l’écartement et la rotation sont réglables à la souris et peuvent également faire l’objet d’automatisation.

Afin de permettre des déplacements sur des trajectoires qui ne passent pas exclusivement par les haut-parleurs, nous avons créé un système de tags, des bornes que l’on peut déplacer facilement dans les trois dimensions et qui peuvent également constituer les trajectoires sur lesquelles se déplaceront les sources.
Ces outils permettront aux musiciens de créer des espaces sonores, des déplacements de sons en cohérence avec le mouvement de la musique.
Dans un second temps, nous avons travaillé à la conception d’une carte son de 24 sorties qui fonctionne sans driver et dont la consommation électrique est très faible ; elle peut donc fonctionner sur la batterie de l’ordinateur. Cette carte associée à des haut-parleurs de petite taille, eux-mêmes dotés d’une batterie de 30 heures d’autonomie, offre la possibilité de faire des dispositifs multi-haut-parleurs en espace public. La dimension et le poids des haut-parleurs permettent une extrême mobilité, y compris en transports en commun.
Ces derniers temps, nous avons mené plusieurs expériences de multidiffusion en forêt, à la campagne, en bord de mer avec ce dispositif qui tout en permettant de placer le public en immersion, reste discret, car les haut-parleurs sont si petits qu’ils peuvent facilement être accrochés à un arbre ou cachés dans un buisson. Au final, une constellation de 16 ou 24 haut-parleurs sera presque invisible du public.
Alors que ces haut-parleurs disposent d’un son de très grande qualité et que le niveau sonore est suffisamment puissant pour satisfaire les besoins de la musique, la pression acoustique produite reste raisonnable et permet, le cas échéant d’inscrire l’installation sonore ou le concert dans des espaces naturels sans trop en perturber la vie ou en dénaturer l’acoustique… Permettant ainsi « d’augmenter » l’acoustique du lieu par des sons exogènes, tout en gardant une « dimension » acoustique réaliste.
Nous disposons donc aujourd’hui d’un écosystème de création électroacoustique en temps réel allant du pédalier maison, à la carte son très légère, en passant par le logiciel, outil central de nos productions et dont tout musicien•ne peut s’équiper à moindre coût.
Plus d’information sur www.logelloop.com